Culture

Amália Rodrigues, la reine du fado

La voix d’Amália Rodrigues a marqué l’histoire du fado et du Portugal, Amália da Piedade Rebordão Rodrigues, dite Amália Rodrigues, est l’un des personnages qui font l’histoire du fado et du Portugal dans le monde entier.

Amália Rodrigues, la reine du fado

Chanteuse et actrice de fado, Amália da Piedade Rodrigues est née à Lisbonne le 23 juillet 1920 et est décédée dans la même ville le 6 octobre 1999. elle a vécu à Fundão des l’âge de 14 mois jusqu’à ses 6 ans, date à laquelle elle a déménagé à Alcantara où elle y est restée jusqu’à l’âge de 19 ans, elle vivait principalement avec ses grands-parents maternels à qui elle avait été confiée lorsque ses parents sont retournés à Beira Baixa. Après avoir exercé, très jeune, divers métiers, de brodeuse à barmaid.

Elle chante pour la première fois en public en 1929 lors d’une fête à l’école primaire Tapada da Ajuda, qu’elle fréquentait. Amália a très vite abandonné ses études après avoir terminé l’enseignement primaire, en raison de la nécessité de contribuer au budget familial et donc de commencer à travailler. Ses premiers emplois ont été ceux d’apprentie couturière, brodeuse et ouvrière dans une usine de chocolat et de bonbons. Plus tard, avec sa sœur Céleste, elle a vendu des fruits dans les rues du quai d’Alcântara.

Les prémices d’une grande carrière artistique

Amália Rodrigues a toujours montré un intérêt immense pour le chant et en 1935, elle participe à la Marche d’Alcantara et chante pour la première fois accompagnée d’une guitare lors d’un événement caritatif.

Trois ans plus tard, elle auditionne pour le “Concours de printemps”, où chaque trimestre est décerné le prix de la reine du fado. Bien qu’elle n’ait pas pu participer au concours, elle a eu l’occasion de rencontrer Francisco da Cruz, un guitariste amateur avec lequel elle s’est finalement mariée en 1940. Ce mariage a duré neuf ans. Puis elle s’est remariée en 1961, au Brésil, avec l’ingénieur César Henrique de Seabra Rangel. Ce mariage a duré jusqu’à la mort de son mari en 1997.

En 1938, dans l’édition d’août du magazine “Guitarra de Portugal”, il y avait une photo d’un chanteur de fado et une critique très élogieuse. L’année suivante, sous l’influence de Santos Moreira, Amália fait un essai au Retiro da Severa et fait ses débuts professionnels.

Amália Rodrigues, la reine du fado 1

C’est donc en 1939 qu’elle s’y est produite pendant six mois, c’était à l’époque la plus importante maison de fado. Elle s’y est produite accompagnée d’Armandinho, Jaime Santos, José Marques, Santos Moreira, Abel Negrão et Alberto Correia, interprétant trois fados. Puis par la suite, elle a déménagé au Solar da Alegria et au café Mondego.

Son succès est tel qu’elle devient rapidement une tête d’affiche et grâce à José Melo, elle commence également à chanter au Café Luso et perçois un salaire jamais versé auparavant à une chanteuse de fado.

Ses représentations ne sont plus quotidiennes, mais seulement quatre fois par mois et elle se voie rémunérée pour chacune de ses représentations. À partir de 1941, elle devient moins régulière, bien que constante dans la capitale de Lisbonne.

L’apothéose

À partir du début des années 1950, Amália a effectué de nombreuses tournées. À cette époque, ses apparitions au Portugal se limitaient à des spectacles annuels, tels que la Grande Noite de Fado, le Natal dos Hospitais, le Réveillon au Casino d’Estoril et d’autres fêtes et festivals, la grande majorité étant de nature caritative.

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Accompagnés du chanteur Júlio Proença et des instrumentistes Armandinho et Santos Moreira, en 1943 ils se produisent pour l’ambassadeur portugais Dr. Pedro Teotónio Pereira, à Madrid. L’année suivante, ils traversent l’océan et se produisent au Casino de Copacabana, au Teatro João Caetano et à Rádio Globo, au Brésil. En 1945, elle retourne au Brésil pour un séjour qui dure jusqu’en février 1946, au cours duquel elle enregistre ses premiers disques pour Continental.

Amália Rodrigues a atteint alors un statut d’exception, marqué par une carrière pleine de succès et de tournées dans le monde entier. Les destinations de ses spectacles à l’étranger sont devenues une constante.

En 1949, invitée par António Ferro, elle se produit à Paris et à Londres. Puis en 1950 elle se rend à Madère et voyage à nouveau à l’étranger pour participer à une série d’expositions parrainées par le plan Marshall à Berlin, Rome, Trieste, Dublin, Berne et Paris. En 1950, elle commence à chanter des poèmes de Pedro Homem de Mello et de David Mourão-Ferreira. Puis la même année elle se produit à Dublin, où elle y chante “Coimbra”, qui attire l’attention de la chanteuse française Yvette Giraud, qui la popularise en France sous le titre “Avril Au Portugal”.

En 1952, elle chante pour la première fois à New York à La Vie en Rose, où elle reste pendant quatorze semaines. L’année suivante, elle se produit à Mexico et retourne à New York pour participer à l’émission d’Eddie Fisher, ce qui constitue la première apparition d’une artiste portugaise à la télévision nord-américaine.

Amália Rodrigues, la reine du fado 2

En 1962, elle sort l’album “Amália Rodrigues” plus connu sous le nom de “Busto” ou “Asas Fechadas”, un tournant majeur dans sa vie artistique où elle interprète “Estranha Forma de Vida” et “Povo que Lavas no Rio”, de Pedro Homem de Mello, et pour la première fois, des chansons d’Alain Oulman.

Dans les années 70, Amália chante pour la première fois dans la ville de Tokyo au Japon. Ce pays pourtant si loin de notre culture européenne, s’abandonne à la fascination d’Amália. Suite à cet engouement, elle effectue une série de tournées dans plusieurs villes du Japon.

Tous ses disques sont également sortis au Japon, un pays auquel elle s’identifie tant. Souvent, lorsque Amália se rendait au Japon, tous ses spectacles étaient déjà complets, lançant ainsi un véritable pont culturel entre le Portugal et le Japon.

Cela a valu à Amália les prix les plus importants de l’industrie du disque.

En 1989, alors qu’elle entame sa cinquantième année de carrière, Amália Rodrigues a enregistré un spectacle pour la télévision espagnole. Cette même année, en commémoration de cinquante ans d’activité artistique professionnelle, elle effectue une grande tournée avec des spectacles en Espagne, en France, en Suisse, au Portugal, en Israël, en Inde, à Macao, en Corée, au Japon, en Belgique, aux États-Unis et en Italie, revenant pour la huitième fois à l’Olympia de Paris.

Du fado au septième art

Les interprétations d’Amália sont également visibles au théâtre et au cinéma, les débuts au théâtre de la chanteuse de fado ont eu lieu principalement dans les années 40, entre Lisbonne et Rio de Janeiro, dans des pièces telles que “Boa Nova », « A Rosa Cantadeira” et “Mouraria”. Elle fait ses débuts au cinéma dans Capas Negras d’Armando Miranda, dans le rôle de Maria Lisboa en 1947 et apparaît dans plus de 10 films et courts métrages.

Amália Rodrigues ” Uma casa portuguesa ” 1969

C’est en 1994 qu’elle décide de se retirer de la scène, tout en continuant à être l’invitée d’honneur de nombreux événements culturels. La chanteuse de fado Amália Rodrigues a également été honorée à l’Expo’98, qui s’est tenue à Lisbonne, comme “le plus grand symbole de la musique portugaise”.

Amália est décédée en 1999. Après une carrière inégalée, elle est une figure indéniable de l’histoire du fado et une référence incontestable. Deux mois après sa mort, la Fondation Amália Rodrigues a été créée sur la volonté de la chanteuse de fado dans son testament.

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Porto it's beautiful

Originaire de la ville de Lyon en France. J’ai pour la première fois visité la ville de Porto au Portugal en 2006. Je suis immédiatement tombé amoureux de cette ville, ses ruelles en montée, ses immeubles étroits et colorés m’ont immédiatement fait penser au vieux Lyon et plus exactement au quartier Saint Jean.

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