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L’histoire du premier président-roi portugais

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Après avoir mené un coup d’État, Sidónio Pais a imposé lui-même un pouvoir centré sur la gouvernance. La montée et la chute du dernier président-roi portugais.

L’histoire du premier président-roi portugais

Sidónio Pais est né à Caminha, dans le district de Viana do Castelo dans le nord du Portugal, il était le fils aîné d’une famille de 3 enfants dont les parents étaient des fonctionnaires judiciaires. Il était intelligent et rusé et termina ses études secondaires avec distinction. Par la suite, il étudia la philosophie et les mathématiques à l’université. À la mort prématurée de son père, il décide de faire une carrière militaire pour aider sa mère à subvenir aux besoins de ses frères et sœurs.

Au début du XXe siècle, le pays connaît un changement politique, qui culmine avec la mise en œuvre de la Première République le 5 octobre 1910. Le meurtre de D. Charles Ier et son fils, héritier du trône deux ans plus tôt ont permis d’apporté leur aide aux “révolutionnaires” qui voulaient mettre fin au régime monarchique.

Il a été député à l’Assemblée constituante en 1911, est devenu très vite ministre du Développement et des Finances. Puis l’année suivante, il à été nommé ambassadeur du Portugal en Allemagne.

L’enthousiasme après la mise en œuvre de la République a très vite cédé à une crise causée, avant tout par l’instabilité. La situation s’est très vite aggravée avec la déclaration de guerre par l’Allemagne. La peur de la puissance allemande a conduit le Portugal par l’intermédiaire du Corps expéditionnaire portugais à participer à la Première Guerre mondiale. Très vite la pauvreté, la faim et la grippe pulmonaire, ont envahie le Portugal.

président-roi
Afonso Costa

Le Portugal était dirigé par le gouvernement d’Afonso Costa, qui a répondu aux manifestations par la violence et la répression. Le peuple aspirait à une autre révolution et c’est dans ce scénario que les rapports d’une conspiration ont commencé à être connus.

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Sidónio Pais à l’origine d’un coup d’État

Le Portugal qui à l’époque était dirigé par le gouvernement d’Afonso Costa (à ne pas confondre avec Antonio Costa le Premier ministre actuel), qui réponde aux manifestations par la violence et la répression. Très vite, le peuple aspire à une révolution et très vite une conspiration est née.

Sidónio Pais acclamé par le peuple

Plusieurs branches des forces armées ont rejoint Sidónio Pais pour participer à la révolte contre le gouvernement. Le 5 décembre 1917, le major a dirigé le coup d’État avec l’aide de plus de 1500 militaires, des jours de lutte intense ont suivi et plusieurs milliers de personnes sont mortes.Encore aujourd’hui, il existe des doutes sur le nombre de victimes.

Sidónio Pais était le commandant qui a conduit les révolutionnaires à la victoire et le gouvernement Afonso Costa est tombé, celui-ci a été arrêté et s’est ensuite exilé en France.

Le président-roi

La victoire de ce coup d’État a rapidement été associée à l’homme qui dirigeait les troupes révolutionnaires. Sidónio Pais a obtenu immédiatement la reconnaissance du peuple, qui l’a surnommé “héros”. Immédiatement après le coup d’État il fut nommé président de la République portugaise.

Le nouveau président commence à travailler à la modernisation de la République et à la reprise des idéaux du 5 octobre. C’est à ce moment-là qu’il modifie la loi électorale, sans consulter le Congrès.

Le chef de l’État a promu plusieurs réformes : aboli la censure de la presse, libéré les prisonniers politiques et laissés les monarchistes revenir d’exil. Le climat qui était vécu à cette époque était celui de “libération”, comme l’écrivaient les journaux. Le régime en est venu à avoir un nom : Sidonius, qui a mis en œuvre un régime centrant tout pouvoir sur lui-même.

Il était arrivé à un stade de popularité tellement élevé qu’il avait pris l’habitude d’apporter son soutien à son peuple, comme par exemple en allant voir les malades dans les hôpitaux, ou bien encore en se rendent dans les prisons et les quartiers les plus pauvres.

Cependant, les républicains qui le soutenaient ont commencé à avoir peur d’un “sidonismo” avec des tics monarchiques. Leurs peurs se sont très vite concrétisées. Certain historien disent même que la dictature de Sidónio Pais à crée une sorte de police politique, en particulier au nord où il y avait des nouvelles de répression et de torture contre les prisonniers politiques. « Le sidonismo devient une dictature prémonitoire, comme celles qui apparaîtront en Europe pendant l’après-guerre », soulignent les historiens.

La fin d’un règne

Le culte de la personnalité du chef de l’État était contraire aux habitudes politiques du républicanisme et par conséquent, plusieurs factions se sont retournées contre Sidónio Pais. Il comprit très vite que le danger se rapprochait.

La fin du régime de Sidónio se produit au moment où la guerre fut le plus de victimes. Il ordonna immédiatement le retrait des troupes et en avril, l’armée portugaise abandonnée par l’armée britannique subit une énorme offensive allemande, qui tue des milliers d’hommes. Les conséquences de la bataille de La Lys ont d’énormes conséquences pour le pays. Le peuple a été pris en otage des effets économiques et sociaux de la guerre. C’est à ce moment-là que l’état de grâce de Sidónio perd de son élan. L’enthousiasme des premiers mois a cédé la place à la contestation, qui menée par la gauche radicale et les républicains qui n’aimaient pas la “dictature” sidonismo.

Le 14 décembre, le président se rend à Rossio où il devait prendre le train pour rejoindre Porto. À peine arrive-t-il devant l’entrée de la station qu’il ait victime de plusieurs coups de feu à la poitrine, il mourra quelques heures plus tard à l’hôpital São José. Son assassin, José Júlio da Costa était un militant de la gauche républicaine.

C’est de cette façon que c’est fini le royaume du président-roi, un nom donné par Fernando Pessoa. Dans un poème de 60 strophes, l’écrivain tente de décrire le chemin de Sidonius Pai.

Porto it's beautiful

Originaire de la ville de Lyon en France. J’ai pour la première fois visité la ville de Porto au Portugal en 2006. Je suis immédiatement tombé amoureux de cette ville, ses ruelles en montée, ses immeubles étroits et colorés m’ont immédiatement fait penser au vieux Lyon et plus exactement au quartier Saint Jean.

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