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La GNR à 220 ans d’existence

Je tiens à remercier lieutenant-général 2e commandant général de la Guarda Nacional Republicana ainsi que Nuno Andrade Chefe da Divisão de História e Cultura da Guarda. De m’avoir mis à disposition des photos historique issue du musée, ainsi que des archives et de m’avoir aidé dans la réalisation de cet article.

La garde nationale républicaine ou plus communément appelée la GNR est la force de gendarmerie nationale portugaise, c’est-à-dire qu’elle est une force de police à statut militaire, elle dispose des mêmes compétences que la gendarmerie française par exemple. Elle est une des quatre forces de sécurité intérieure du Portugal.

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En ce mois de décembre, la GNR marque un jour important dans son histoire, elle fête ces 220 ans d’existence. Voila une bonne raison de s’intéresser à son histoire.

La GNR à 220 ans d’existence

Je n’ai pas réussi à donner une traduction au mot Quadrilheiro, si l’un de vous connaît la traduction ou est capable de m’expliquer ce mot, merci de le faire dans les commentaires.

La crise sociale générée par le tremblement de terre de 1755 et l’inefficacité des Quadrilheiros dans la lutte contre les bandes de criminelles qui infestaient Lisbonne, a conduit le marquis de Pombal à décréter, le 25 juin 1760, la création de l’Intendance générale de la police de la Cour et du Royaume.

En 1789, Pina Manique est nommé intendant général de la police qui, dès 1793, constitue un groupe de cent hommes pour garantir l’ordre et la tranquillité publique dans la capitale. Plus tard, le 10 décembre 1801, le ministre Rodrigo de Sousa Coutinho décrète la création de la Garde royale de la police de Lisbonne. Il s’agissait de la première garde professionnelle, en uniforme et armée, qui dépendaient de l’Intendente-Geral da Polícia pour les tâches de police et du General de Armas de la province pour la discipline militaire. C’était le précurseur de la GNR et des forces de sécurité nationale.

Elle dispose d’un effectif initial de 642 soldats et 227 chevaux, organisé sur le modèle de la Garde de Paris qui, en 1791, intègre la Gendarmerie nationale (créée lors de la Révolution française), précédant la création de la plupart des autres polices européennes.

Son premier commandant a été un Français

Son premier commandant est un Français, le lieutenant-colonel Jean Victor, comte de Novion, organisateur et premier Commandant de la Garde Royale de la Police de Lisbonne, de 1801 à 1808. Le Colonel Jean Victor a résidé au Quartier Général de la Caserne du Carmo à Lisbonne pendant cette même période. Cette garnison a au fil du temps été augmentée. À l’intérieur de cette même garnison se trouvaient les gardes-barrières, prédécesseurs de la Garde fiscale (créée en 1885).

Image existant dans la galerie de portraits des Commandants Généraux de la GNR, dans la Caserne du Carmo à Lisbonne. Image communiqué gracieusement par le musée de la GNR
Image existant dans la galerie de portraits des Commandants Généraux de la GNR, dans la Caserne du Carmo à Lisbonne. Image communiqué gracieusement par le musée de la GNR

À ce stade de l’article, il est important de comprendre que la Garde royale de police de Lisbonne a été le premier corps de police professionnel portugais et est à la genèse de tous les corps de police nationaux, y compris la GNR. Outre le fait que le premier commandement de cette Garde était basé depuis 1801 à la caserne du Carmo à Lisbonne qui est encore aujourd’hui le « quartier général » historique du commandement général de la garde nationale républicaine.

Arrêtons-nous un instant sur la caserne du Carmo. À partir du 10 décembre 1801, tout en restant le couvent du Carmo, une partie de ses dépendances sont devenues le premier quartier général de la garde royale de la police de Lisbonne et la résidence de son premier commandant, le colonel Jean Victor, comte de Novion.

Caserne du Carmo juste avant les travaux de 1902. Image communiqué gracieusement par le musée de la GNR
Caserne du Carmo juste avant les travaux de 1902. Image communiqué gracieusement par le musée de la GNR

Avec l’extinction des ordres religieux en 1834, la fonction religieuse à donc pris fin au couvent du Carmo, qui malgré tout a conservé la fonction de caserne de police, en tant que siège de la Garde municipale de Lisbonne, qui, la même année a succédé à la Garde royale de la police de Lisbonne, éteinte par le libéralisme.

GNR
Caserne du Carmo 2017

À partir de 1845, cette caserne est devenue le commandement de la garde municipale de Lisbonne et à partir de 1868, le commandement général des gardes municipales de Lisbonne et de Porto. Après la République, il a servi de commandement général des gardes républicaines de Lisbonne et de Porto du 12 octobre 1910 au 2 mai 1911 et du 3 mai 1911 à aujourd’hui, de commandement général de la Garde nationale républicaine.

Les origines du corps de police portugais remontent à 1300

La première référence à des institutions policières nationales remonte à 1383, avec le Corps des Quadrilheiros, officiellement créé par le roi Fernando, pendant la crise dynastique dans laquelle se distingue Nuno Álvares Pereira. Pendant la guerre, les Quadrilheiros médiévaux ont été constitués en gardes militaires avec la mission de collecter et de distribuer le butin, de défendre les portions de murs, d’emprisonner les ennemis et les malfaiteurs et d’autres tâches sous le contrôle du Nuno Álvares Pereira.

Après les guerres avec la Castille, ils sont devenus dépendants des autorités locales, assurant des rondes et des patrouilles dans les quartiers de la ville de Lisbonne et plus tard, de Porto. Le 15 mars 1521, il fut établi dans toutes les villes, bourgs et lieux, d’arrêter les malfaiteurs et de les amener devant le Corregedor ou juge du crime.

Le Quadrilheiro était choisi parmi les habitants les plus respectés de la communauté et la personne nommée pouvait désigner 20 voisins ou autant que nécessaire pour l’accompagner et l’aider à arrêter les malfaiteurs. Chaque Quadrilheiro servait pour une période de trois ans et avait la responsabilité de diriger sa patrouille avec un nombre variable d’hommes armés.

Il est important de savoir qu’a cette époque, les hommes ne recevaient aucune formation, aucun uniforme, aucune installation et aucun salaire. Ils recevaient un bâton de couleur verte portant les armoiries royales comme symbole d’autorité. Ils portaient également une de 8 palmes (1,76 m) ou une demi-lance. Ils étaient exemptés du service militaire et du paiement de certains impôts.

Les Quadrilleros ont été réformé par le roi Philippe II, le 12 mars 1603, avec un renforcement des pouvoirs et des devoirs, avec l’interdiction de quitter ou de se déplacer de la rue où ils habitaient sans autorisation. Ils avaient aussi l’obligation d’être assidu dans la découverte et résolution des crimes et ils devaient également être attentifs aux vagabonds et aux personnes de “mauvaise réputation”.

Cette structure naissante n’a pas été capable de s’adapter et de répondre au nouveau type de criminalité caractéristique du Portugal moderne, ce qui a conduit à son affaiblissement et à son extinction au début du XIXe siècle.

La Création de la garde nationale républicaine

La GNR a vu officiellement le jour en 1911, après la révolte du 4 octobre 1910. Cette révolte menée par des soldats de la marine et de l’armée de terre ainsi que des membres du parti républicain avait pour unique bute de renverser la monarchie portugaise (révolte qui donnera lieu à la fondation de la république).

C’est donc en mai 1911 que les gardes républicaines provisoires de Lisbonne et de Porto sont décrétées, tandis que se prépare l’organisation de la garde nationale républicaine, qui est officiellement créée le 3 mai 1911.

Photographie avec les premiers officiers de la GNR : " Le général Encarnação Ribeiro, premier commandant général de la Garde républicaine de Lisbonne et de Porto au centre, avec les officiers du Commandement de la Garde républicaine de Lisbonne, au Palais de Belém, en 1910. Image communiqué gracieusement par le musée de la GNR
Photographie avec les premiers officiers de la GNR : ” Le général Encarnação Ribeiro, premier commandant général de la Garde républicaine de Lisbonne et de Porto au centre, avec les officiers du Commandement de la Garde républicaine de Lisbonne, au Palais de Belém, en 1910. Image communiqué gracieusement par le musée de la GNR

Les gardes municipaux ayant disparu, le personnel, les missions, les casernes, l’armement et l’équipement ont été hérités par les gardes républicains et la GNR, la caserne de Carmo restant le commandement général. Le nouveau régime nomme le général Encarnação Ribeiro, le seul général de l’armée impliqué dans la conspiration républicaine, commandant général de la nouvelle garde et récompense les “fondateurs de la République” en les promouvant et en les plaçant dans la GNR, qui est créée comme un corps d’élite et la première garde policière organisée pour tout le territoire national.


Lors de votre passage dans la ville de Lisbonne, je vous invite fortement à aller visiter le musée de la GNR, pour y découvrir plus de 200 ans d’histoire. Personnellement je l’ai visité en 2017 en famille, le musée est vraiment incroyable. Seul regret lors de ma visite, les photos étaient interdites.

Ci-dessous les coordonnées du musée.
Adresse: Quartel do Carmo de Lisboa, Largo do Carmo 27, 1200-092 Lisboa
Le musée est ouvert du lundi au samedi de 10h à 17h30

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Porto it's beautiful

Originaire de la ville de Lyon en France. J’ai pour la première fois visité la ville de Porto au Portugal en 2006. Je suis immédiatement tombé amoureux de cette ville, ses ruelles en montée, ses immeubles étroits et colorés m’ont immédiatement fait penser au vieux Lyon et plus exactement au quartier Saint Jean.
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