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L’histoire du 1e décembre au Portugal

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Le 1er décembre est un jour férié au Portugal depuis la seconde moitié du 19e siècle. C’est le plus ancien jour férié civil que le pays connaisse. Le 1e décembre a survécu à la Première République, à l’État nouveau et à l’avènement de la démocratie. Mais comment le Portugal est arrivé à l’Union ibérique et comment il a retrouvé son indépendance ?

L’histoire du 1e décembre au Portugal

La période d’Union entre les couronnes ibériques (1580-1640) commence par l’absence de roi sur le trône portugais, après la disparition du roi D. Sebastião (1557-1578) à la bataille d’Alcácer Quibir, en Afrique du Nord.

L’histoire du 1e décembre au Portugal 1
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Sebastião, a hérité du trône du Portugal alors qu’il n’avait que trois ans, ce qui a entraîné la nécessité de mettre en place un régent jusqu’à ce qu’il soit assez âgé pour assumer son rôle sur le trône. La première régence est attribuée à sa grand-mère Catherine d’Autriche (1557-1662), puis à son grand-oncle Henri Ier de Portugal (1562-1568), qui est également cardinal-archevêque de Lisbonne et archevêque émérite d’Evora. En 1568, Sebastião est monté sur le trône à l’âge de quatorze ans.

La mort de Sebastião à Alcácer Quibir, en plus de laisser un trou gigantesque dans les finances du pays, a provoqué le déclin de l’armée aristocratique qui a été soit tuée, soit emprisonnée. Les doutes quant à l’identité de l’occupant du trône provoquent une crise dynastique, à laquelle s’ajoute une crise économique de plus en plus grave, provoquée entre autres par les rançons données pour les prisonniers d’Alcácer Quibir.

Lors de son retour sur le trône du Portugal, Henri (1578-1580), dernier descendant direct de la dynastie des Avis, est confronté à d’autres candidats à la couronne. Son premier objectif était de sauver les prisonniers en Afrique, ce qu’il a réussi à faire. Cependant, les difficultés à gouverner et son état de santé font que son objectif de nommer un successeur échoue. En 1579, il convoque les Cortes pour obtenir une solution, mais il n’a pas beaucoup d’alternatives.

Il faut attendre 1580, pour que 5 gouverneurs de régence soient nommés. Le 31 janvier de la même année, Henri meurt de la tuberculose, laissant la voie libre à Antonio, le fils illégitime de Luís de Portugal, qui est généralement accepté comme un descendant direct de Manuel.

Le 20 juin 1580, avant la décision du conseil du gouvernement, António, prieur de Crato, est proclamé roi du Portugal à Santarém et est acclamé en divers endroits du pays. Son gouvernement dura trente jours et tombera lorsque les troupes portugaises furent vaincues par l’envahisseur espagnol commandé par Fernando Álvarez de Toledo, duc d’Alba à la bataille d’Alcantara en août 1580.

Philippe II promet une union fondée sur l’autonomie portugaise, basée sur une bonne administration et le maintien de la paix intérieure.

1e décembre au portugal
Restauration de 1640

À Tomar, le 16 avril 1581, en prêtant le serment solennel, Philippe II d’Espagne devient Philippe Ier du Portugal. À partir de cette date, le nouveau Roi a accepté de reconnaître et d’accorder les vingt-cinq territoires présentés par les Trois États du Royaume. L’affirmation de l’autonomie du Portugal et nombre de ses déclarations défendaient le maintien de l’identité nationale plus au niveau des symboles que dans la réalité de la vie quotidienne d’un peuple libre et indépendant.

Les deux royaumes partagent la même législation, les “Ordonnances des Philippines”. Lorsque Philippe II institue un nouveau code, il affirme n’avoir aucune intention de nuire à ses nouveaux sujets, puisqu’il prétend respecter les droits et les institutions des Portugais. Toutefois, les ordonnances philippines ont été étendues à l’ensemble de l’Union ibérique, affectant la société de différentes manières, avec des peines différentes pour le même crime en fonction du statut social de la personne qui le commet.

Jusqu’en 1640, le Portugal est sous le contrôle de la maison de Habsbourg, dans une monarchie partagée avec l’Espagne, dans laquelle les institutions portugaises sont préservées.

Divergence entre les royaumes

Pendant la période de l’Union ibérique, des mesures ont été prises pour prévenir les éventuelles animosités entre le royaume portugais et la monarchie espagnole. Les quatre premières décennies du règne des Habsbourg au Portugal ont permis une communication facile entre le roi et le royaume. La garantie de bonnes relations signée lors des traités de Tomar visait l’autonomie portugaise.

Toutefois, l’accord prévoyait une résidence pour le roi lors de ses visites au Portugal, l’exclusivité du Conseil d’outre-mer avec les Portugais, l’utilisation du portugais comme langue officielle, l’abolition des droits de douane et l’existence du Conseil du Portugal.

Avec l’avènement de Philippe III, qui n’avait pas les mêmes capacités que son père, les différences entre les deux nations se sont accrues. Le pouvoir du Portugal passe de main en main et les changements qui ont lieu dans les premières décennies du XVIIe siècle mettent en évidence la politique centralisatrice de Madrid, comme c’était déjà le cas en Catalogne, en Aragon et en Navarre.

Le conflit principal est la pression fiscale que l’Espagne applique au territoire portugais. Le peuple, qui participe davantage à la contribution fiscale, demande à la noblesse et à l’Église, qui avaient jusqu’alors conservé des privilèges fiscaux, de contribuer davantage au paiement des impôts. La noblesse, afin d’échapper aux dépenses, s’engage dans l’armée, mais a du mal à communiquer avec le monarque, car elle est privée des offices du palais. Les seigneurs voient leurs titres dévalorisés par l’infiltration des Castillans sur leur territoire. Le principe de l’indigénat, garanti par les traités de Tomar, qui réservait les fonctions du Portugal aux indigènes de ce territoire, n’a pas été respecté.

Tous ces événements ont conduit les Portugais à rejoindre le mouvement pour la restauration de la souveraineté nationale.

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Porto it's beautiful

Originaire de la ville de Lyon en France. J’ai pour la première fois visité la ville de Porto au Portugal en 2006. Je suis immédiatement tombé amoureux de cette ville, ses ruelles en montée, ses immeubles étroits et colorés m’ont immédiatement fait penser au vieux Lyon et plus exactement au quartier Saint Jean.
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